Sr Nilma do Carmo de Jesus, smc – Butembo (R.D.Congo)
Voici une courte interview que sr. Nilma a réalisé à Mme Kavugho où elle raconte brièvement son expérience comme réfugiée dans son propre pays.
Sr Nilma : Qui êtes-vous?
Mme Kavugho : Je suis une déplacée de la guerre. Mon nom est Kavugho Kavairwe Florence. Je suis mariée et mère de trois enfants. Je suis enseignante.
Sr Nilma : D’où venez-vous ?
Mme Kavugho : Je suis originaire de Béni, dans le secteur de Rwenzori, groupement de Basongora. La localité de Masambo dans la province du Nord Kivu.
Sr Nilma : Où êtes-vous maintenant et pourquoi ?
Mme Kavugho : Je suis venue à Butembo en fuyant la guerre dans notre contrée. En arrivant ici, nous avons trouvé une maisonnette en bois pour louer et c’est là que je vis avec mon mari et mes trois enfants.
Sr Nilma : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots votre expérience de déplacée de la guerre ?
Mme Kavugho : Le temps de fuite de la guerre n’était pas facile pour arriver ici à Butembo. Moi et ma famille nous avons été dépouillés de tout. L’essentiel était de sauver la vie. Nous avons vécu des moments de peur, de fatigue, de faim, de soif. Nous sommes arrivés épuisés.
Sr Nilma : Quelle était la Parole de Dieu qui vous a accompagnée au temps de la fuite de la guerre ?
Mme Kavugho : Dieu a fait route avec nous et je sentais un murmure dans mes oreilles en me disant : « N’ayez pas peur ; je suis avec vous ». Cette Parole se faisait concrète à travers les personnes qui nous aidaient et qui nous aident à reconstruire notre vie, à recommencer tout dans un lieu inconnu jusqu’alors. Beaucoup de personnes de Dieu nous ont aidées à retrouver l’espérance de revivre une vie heureuse dans l’avenir.
Sr Nilma : Quelles sont les peurs qui vous ont effrayée davantage ?
Mme Kavugho : Les peurs devant la guerre sont multiples, mais la plus grande c’est qu’on peut perdre sa vie, ses enfants, ses parents, ses amis. Il faut dire aussi qu’il y a la famine car on n’est pas chez soi et on n’est peut pas répondre aux besoins primaires tels que la nourriture, l’eau potable, les vêtements, l’école etc.
Sr Nilma : Quels sont les signes d’espérance que vous voyez en ce moment-ci ?
Mme Kavugho : Les signes d’espérance sont à reconstruire chaque jour, car nous vivons dans une situation d’instabilité constante, on ne sait jamais ce qui nous arrivera le lendemain. Il faut dire que la présence des Sœurs Missionnaires Comboniennes, particulièrement en ce moment si dur, nous réconforte et nous redonne espérance car nous sentons que nous ne sommes pas seuls.
Sr Nilma : Je vous remercie et je vous accompagne avec mes prières et ma proximité. Vous êtes un exemple de résilience et une femme de foi.
Mme Kavugho : Prions pour la paix dans le Nord Kivu et dans le monde entier. Merci.

