Sr Loreta Beccia smc. Yaoundé (Cameroun)
Depuis mon arrivée au Cameroun en mars 2024 j’ai eu la chance de connaître un petit centre d’accueil pour les enfants de la rue et des personnes sans-abris.
Au centre EDIMAR
C’est un centre qui est ouvert tous les jours, du lundi au vendredi, de 10h à 17h, on l’appelle le centre « EDIMAR ». C’est le nom d’un enfant brasilien qui était un enfant de la rue mais qui après a réussi à sortir de cette situation et commencer une nouvelle vie. Une histoire très émouvante que le père Maurizio, fondateur du centre, a voulu mettre comme exemple et modèle pour tous les enfants qui passent par le centre et que réellement s’est transformé en source d’inspiration pour beaucoup d’entre eux.
Pendant la semaine dans une salle polyvalente, on fait l’école de la rue avec plus o moins 35 jeunes divisés en trois groupes de différents niveaux de connaissance.
Il y a le niveau 1 avec les enfants qui ne savent ni lire ni écrire, le niveau 2 avec ceux qui sont capables de lire et écrire en faisant un peu d’effort et le niveau 3 où il y a les jeunes qui ont abandonné l’école mais qui ont le désir de conclure et d’avoir leur titre d’étude.
On leur apprend de petites choses mais, à mon avis, la plus importante est celle d’être ensemble et d’apprendre à se respecter et à s’entraider.
Je dis toujours que, même si je peux leur enseigner un peu de géographie ou de mathématique, ils sont pour moi des maîtres de vie.
Partir à leur rencontre
Ils ont des histoires et des expériences qui m’aident à laisser de côté toutes mes préoccupations pour me concentrer et dédier seulement à eux. Le temps que je vis avec eux n’est plus mon temps mais c’est à eux.
Avec les volontaires et des personnes qui travaillent dans le centre, tous les samedis matin nous sortons dans les rues des Yaoundé. Nous traversons la rue Kennedy, qui c’était toujours le centre de la ville où il avait, et il y a encore, beaucoup de sans-abris, mais surtout des enfants de la rue, et nous arrivons jusqu’à un parc qui se trouve aux sombres du grand hôtel Hilton, c’est là-bas où ces enfants vivent.
Marchant le long de la route nous nous arrêtons pour parler avec ceux que nous rencontrons. A chacun d’eux nous donnons un morceau de savon et nous demandons s’il y a des blessés pour, éventuellement, pouvoir les soigner. Toutes ces rencontres sont pleines d’humanité, de sensibilités, elles sont pour moi des chances afin de mieux connaître ces enfants et les aimer davantage.
Des questions brûlantes
Dernièrement, j’ai vécu une très belle expérience quand un garçon de 15 ans, qui était blessé et à qui nous étions en train de faire un pansement, m’a demandé : « Loreta, c’est depuis beaucoup de temps qu´on te connaît et toi, tu ne nous as pas encore présenté ton mari et tes enfants, où sont-ils ? ». Alors je lui ai expliqué que j’ai décidé de ne pas avoir des enfants et un mari parce que, et j’ai voulu justement utiliser un terme : « serait-t-il bon que j’ABANDONNE- voilà la parole clé – mon mari et mes enfants en Italie pour venir ici partager avec vous ? ».
La parole ABANDONNER pour eux c´est un mot très fort et quand il est sorti de ma bouche l’enfant qui était en train de me parler, mais aussi les autres trois enfants qui étaient à son côté, se sont tournés et ils m’ont dit qu´il ne faut jamais abandonner personne.
Alors je les ai regardés dans les yeux et je leur ai dit que pour cela j’ai décidé de ne pas me marier, de ne pas avoir des enfants, pour pouvoir être libre de partager avec eux tout mon temps, toute ma vie.
Leurs visages se sont ouverts, un grand sourire qui était très beau et que je garde comme un magnifique et précieux cadeau.

