Sr Loreta Beccia, smc. Dès Yaoundé (Cameroun)
J’ai connu Maman Thérèse à la messe, dans la chapelle de la maison provinciale des Missionnaires Spiritains de Yaoundé (CASBA). Je la voyais tous les jours là-bas, assise à la même place, avec sa Bible entre ses mains, en attendant que la célébration de l’Eucharistie commence. Puis, je me suis aperçue que tous les mardis, elle se levait pour aller se préparer pour lire la Parole de Dieu du jour.
Une vie marquée par la souffrance
En la voyant là-bas tous les jours, je me suis dit qu’il fallait connaitre cette femme et lui demander d’où prenait cette passion pour la Parole de Dieu.
Elle est grandie dans une famille catholique, sa marraine a été une religieuse et sa maman a été toujours une femme d’une grande foi. C’est ainsi que Maman Thérèse est grandie, avec la Parole de Dieu chez elle.
Elle avait toujours rêvé d’être une religieuse mais, quand le Seigneur lui a fait comprendre que celle-ci n’était pas sa vocation. À la suite elle est devenue maman de deux enfants : Ruth et Karl Wilson.
On le sait, la vie toujours réserve des surprises, parfois belles, en effet Maman Thérèse devient maman pour troisième fois. Cette fois « maman de cœur », de Marie-Paule, abandonnée par sa famille et accueillie comme un cadeau de Dieu. Mais aussi les surprises ne sont pas très belles et voilà que M. Thérèse perd Ruth à l’âge de 4 ans, et à la suite elle perd aussi Wilson quand il avait 15 ans.
La sérénité de la foi
Voilà qu’en m’approchant de Maman Thérèse j’ai découvert en elle une femme qui a beaucoup souffert dans sa vie mais que, malgré tout, ne manquait pas de sourire. Quand je lui ai demandé d’où elle sort cette joie malgré tout ce qu’elle a vécue, elle m’a dit que son allégresse est dans le Seigneur, le Créateur de toute chose, ce Dieu qu’elle a appris à connaitre à travers sa Parole.
Elle m’a raconté que dans le temps elle n’était pas lectrice à la messe, cela a commencé après la mort de son fils. En effet c´était lui le vrai lecteur de la famille, passionné pour la Parole de Dieu et pour toutes les choses qui avaient à faire à l’Eglise.
Maman Thérèse participait à la messe mais sans jamais penser d’en devenir un jour collaboratrice comme lectrice. Elle avait honte de se mettre face aux autres pour lire la Parole de Dieu.
Un tournage dans la vie de Maman Thérèse
« Comme si était hier, il y a 5 ans, le catéchiste de mon fils un soir, était un lundi à 19h, il m’a envoyé un message avec une longue lecture et la consigne de la lire au lendemain. J’entre en panique et de suite j’appelle le monsieur pour lui demander pourquoi voulait-il me faire du mal. J’avais ensemble peur et honte de le faire. Le catéchiste m’a seulement répondu «débrouille-toi!».
Alors une pensée m’est venue à la tête: je pensais que mon fils était le meilleur lecteur de la CASBA et que je ne pouvais plus échapper. Il fallait faire quelque chose dans ma vie pour le laisser vivre encore. Et à ce moment j’ai compris que cette Parole que Karl Wilson avait beaucoup aimait, a vraiment la force de nous transformer. Voilà que dès ce moment ma vie a changé et la joie du Seigneur est entrée en moi. Une joie qui se renouvelle chaque fois que je suis en Sa présence »
Quand j’ai demandé à Maman Thérèse de me dire quelle est la place de Dieu dans sa vie, elle n’a pas eu des doutes en me disant qu’elle sent que le Seigneur vit en elle comme elle en Lui.
En écoutant son histoire je pense, une fois de plus, que Dieu est grand, qu’Il est capable de transformer la plus grande tristesse et la plus grande douleur en chemin à suivre pour arriver à la pleine joie.
Parfois nous semble impossible mais voilà qu’il met à notre côté, les personnes justes pour nous guider et encourager à ne pas rester bloqués, mais pour aller dès l’avant, toujours avec le Seigneur.

