Sr Loreta Beccia, SMC – Yaoundé (Cameroun)
Les vie des handicapés en Afrique est une vie dure et compliquée. Serge Kiebong est camerounais et il vit à Yaoundé. Il a 38 ans et, à l’âge de 6 ans il a perdu une jambe dans un accident. Sa moto a été percutée par un véhicule lorsqu´il était en route pour aller aux funérailles de sa grand-mère.
Sa vie n’était pas toujours facile, en effet, peu après l’accident son papa est décédé et deux ans plus tard aussi sa maman, en le laissant tout seul.
Une enfance compliquée
Serge est allé à l’école jusqu’à l’âge de 8 ans, il était souvent harcelé et méprisé par ses collègues. Les enfants fuyaient dès qu´il arrivait parce qu’ils avaient peur de lui à cause de son handicap. C’est pour cela qu´à l’âge de 9 ans Serge a cherché d’apprendre un métier. Il a appris la cordonnerie et il travaillait proche du chemin de fer pour gagner de quoi vivre.
Un jour il a voyagé jusqu’à Belabo, une ville à 6h de voiture de Yaoundé et, avec beaucoup d’effort il est arrivé à ouvrir un petit espace, où il vendait des bombons, des cigarettes tout en continuant son travail de cordonnier. C’est à Belabo qu´il a connu sa femme avec laquelle aujourd’hui il a 4 enfants, le plus grand a 7 ans et la plus petite est encore un bébé.
Mais, quand tout semblait aller pour le mieux voilà qu’encore une fois des éprouves arrivent, quelqu’un est allé voler toutes ses marchandises en laissant son « magasin » complétement vide. Quoi faire alors ? comment faire pour soutenir sa famille ?
Une rencontre au moment juste
C’est à ce moment qu’il a rencontré avec un ami handicapé, un véritable frère, qui lui dit qu´à Yaoundé il y avait des gens qui aidaient les handicapés. C’était en 2013, qu´il décida avec sa femme qu´il serait bon de se rendre à la capitale pour voir s’il pouvait gagner quelque chose.
A son arrivé à Yaoundé il est accueilli par beaucoup des frères handicapés qui ont leur place à la porte de la Cathédral où ils font l´aumône auprès des fidèles sortant de la messe, voilà le nouveau travail de Serge qui commence à vivre dans un centre d’accueil pour les handicapés en partageant la vie avec ses frères.
L’aide des Sœurs Missionnaires Comboniennes
Et c´est justement devant la Cathédral de Yaoundé que Serge se rencontre avec les Sœurs Missionnaires Comboniennes. Il s´approche d´une sœur pour lui demander de l’aide économique afin de payer la scolarité de ses enfants. La sœur, en dialogue avec la communauté, décide que la juste façon de l´aider n’est pas de lui donner de l’argent mais de l´apprendre à faire quelque chose pour gagner de quoi vivre à travers son travail.
Serge, qui était cordonnier, apprend à fabriquer les chapelets missionnaires et demande aux sœurs de garder une partie de son argent. Quelle a été sa joie quand, en août 2024, il est allé retirer son argent déposé chez les sœurs, et ce qu´il avait gardé c´était justement ce qu´il fallait pour payer la scolarité de ses enfants. Grande l’émotion quand il a dit : « c’est avec mon engagement et mes efforts que j’ai réussi, j’ai été capable de prendre soin de ma famille, je suis trop content ! »
Les sœurs ont continué à soutenir Serge en voyant sa grande responsabilité et son grand engagement. Aujourd’hui il est en train de s’organiser, avec un microcrédit accordé par les sœurs, afin de commencer un petit marché des pagnes.
L’histoire de Serge nous apprend que, quand on s´engage dans quelque chose qui vaut la peine, on est récompensé.

