de Lucia Fonts, mc – Centroafrica
Inscrite dans la semaine de prière pour la sauvegarde de la Création et dans le jour du 8ème anniversaire de la publication de l’encyclique Laudato Si, le 24 mai 2023, a été célébré pour la première fois, la Journée du Peuple Aka dans plusieurs paroisses du diocèse.
Concrètement à Bagandou, on a organisé une manifestation dans laquelle les Aka ont marché à la Mairie pour revendiquer devant les autorités, la protection et la limitation de l’exploitation de la forêt, leur moyen principal de subsistance. La jeune aka Agathe a lu dans un acte officiel, la lettre écrite par la Commission diocésaine de la Pastoral Aka, dans laquelle on a recueilli les besoins ressentis par les propres akas.
Pour écouter les akas, on a eu à faire des sensibilisations pendant la semaine précédente dans les campements des alentours, ou les participants ont était invités à parler de comment ils voient que la forêt a changé dans les dernières années. Effectivement ils ont fait le constat de la dégradation à des pas vertigineux du milieu forestier.
Ce qui nous a attiré l’attention davantage, c’est qu’on a écouté dans tous les campements qu’ils voient comme une vraie menace l’exploitation des feuilles de coco. Une feuille qui constitue la base d’un repas très apprécié par tous les Centrafricains, qui est transporté jusqu’à Bangui pour nourrir une grande population. Ils ont réfléchi sur comment cette activité de récolte illimité du coco est en train de finir complètement dans la forêt. Par ailleurs, ils se sentent esclaves des villageois commerçants qui profitent de leur situation de vulnérabilité pour réaliser des longues incursions au plus profond de la forêt, sans recevoir pourtant une récompense juste pour leur travail. En plus, ils voient cette activité comme la cause principale qui déstabilise leurs rythmes traditionnels de chasse et de cueillette, en créant une ambiance inappropriée dans la forêt pour que les animaux et les plantes restent tranquilles et se reproduisent. Comme peuple, ils se sont rendu compte qu’ils sont en train de perdre des coutumes ancestrales, celles qui protègent et veillent pour que les générations de demain trouvent la nourriture suffisante.
Leur sens d’appartenance au peuple pygmée a grandi lors de cet évènement historique avec un participation d’environ 400 personnes. La marche a été faite dans la joie et la fierté, avec un sens de dignité renouvelé. La fête qui a suivi cet acte à la Mairie a été dynamisé par les propres akas. Ils ont présenté par campement une danse traditionnelle, des chants et des jeux. Tout cela a été fait dans la concession de l’Église, qui les accueillait en ce jour avec un repas généreusement partagé à tous.
Les akas nous ont démontré que lorsqu’on leur donne la plac, ils sont capables de se mettre en chemin, de se mettre debout et de faire écouter leur voix. De notre part on se sent très encouragés par cette expérience qui nous confirme le chemin à suivre comme Église : Leur donner une place, les écouter, et appuyer pour faire ensemble des pas, même qu’ils soient petits, mais qu’ils soient significatifs pour eux, vers un avenir plus heureux et digne.

