de Enza Stoppele, smc à Kisangani (RDC)
C’était le 1er mars 2023, une femme, tante maternelle de Jeanne, orpheline de père et de mère, après avoir parcouru plus de 50 km elle arrive avec ses deux enfants l’un de 4 ans et l’autre de 11 mois à Kisangani. La femme maman LOSALI portait son enfant au dos, leur état était indescriptible, malnutrition au dernier degré. On aurait dit des squelettes recouverts de peau, décolorés et squameux, ses yeux enfoncés par la souffrance et l’abandon du papa de ses enfants. Habillée avec petit morceau de tissu déchiré, les pieds nus.
On voulait la renvoyer au village avec le transport car il n’y avait pas de place pour loger chez Jeanne qui vivait avec ses deux enfants et son petit frère. Après réflexion, nous avons pensé de l´amener au moins chez un médecin. Nous pensions, en effet à la TBC associée au SIDA. Mais comment faire voyager une maman dans cet état ? et si elle mourrait ici ?! ça serait un problème pour Jeanne. La parole du Seigneur se fit entendre dans nos cœurs : « donnez-leur vous-mêmes à manger” et la CHARITE a pris le dessus. Madame Jeanne lui a donné une de ses robes et a habillé aussi les enfants avec des habits de ses propres enfants.
Le résultat des examens était négatif pour les deux maladies TBC et SIDA, mais leur maladie était la “ FAIM”. L’enfant de 11 mois PAPY pesait 3kg 800 gr, attaché au sein de sa mère qui était malnutrie et il s’épuisait pour rien, nous avons cherché de lui donner la place du frère de Jeanne (NORO) lui allait dormir avec un autre garçon voisin. Losali aveugle d’un œil par cataracte inopérable et l’autre œil en danger. On ne pouvait pas la faire retourner au village dans cet état.
Nous avons commencé par les nourrir en sensibilisant madame Jeanne de lui donner beaucoup d’amour comme si elle était leur mère. Elle a accepté. Un mois après la couleur de la peau de des enfants a repris la normalité et ils commençaient à sourire ainsi que la maman. Alors elle a demandé de rentrer au village. Nous avons préparé de la nourriture, maïs, haricots, poisson, pour préparer au village et le transport.
Après un mois elle revient pire qu’auparavant. Quoi faire ? Le poids de la maman 34kg, Papy 3kg 900 et Jean pierre 11 kg. Cette fois-ci conflit a éclaté entre l’oncle paternel de madame Jeanne et maman LOSALI. Une nuit il est allé chez Jeanne, et avec colère et bâton à la main, il a fait sortir la femme et ses enfants par la force, il ne voulait pas qu’elle reste dans sa parcelle, cris, menaces, pleurs coups de bâton. Hélas, quelle souffrance. Elle a été mise à la belle étoile. Aucun raisonnement, aucune parole, il était résolu et en colère.
Maman Losali avait les yeux séchés et Jeanne n’avait plus de voix, seulement des pleurs, quelle désolation. La mort aurait été moins douloureuse. Nous avons prié avec foi. Dieu ne les abandonnerait pas. Quand tout semblait perdu, voici l’ange gardien, maman Bertha, voisine de Jeanne, qui vient au secours. Elle a offert une place provisoire chez elle, un coin pour abriter Losali et ses enfants. Deux jours, après, juste à côté de la maison de Maman Bertha, on a pu construire une chambre faite de boue et couverte avec des tôles usagées, mais en bonnes conditions, pour qu’elle puisse y habiter. Nous lui avons procuré un lit, un petit matelas, des casseroles et assuré la nourriture quotidienne.
Maman Losali a pu retrouver la paix, émue, ses yeux pleins des larmes, reconnaissante de la solidarité manifestée à son égard. Maintenant, elle et ses enfants aussi ont trouvé un lieu où vivre. Il est vrai que DIEU n’abandonne jamais ceux qui Lui font confiance. L’amour de DIEU s´est manifesté à travers la charité et la solidarité entre les femmes.

